
Beech 18 "Southern Comfort" - Jean-Claude Petit
Ce soir, la blogosphère est orpheline d'un grand bonhomme, JCP, un peintre épicurien et gourmand, un peintre fou amoureux des couleurs et de la lumière de l'Alentejo.
Dans quelques jours, ça fera un an que j'ai eu le privilège de rencontrer JCP en compagnie d'Elvira, de son mari et de sa belle-famille au cours d'une journée mémorable dans un cadre enchanteur et propice à la bonne humeur. Une journée suivie d'une seconde mémorable journée chez lui autour d'un plat de poisson dans son cher 38è parallèle. Quand on s'était quitté, on devait déjà être au lendemain !!
C'est dur de quitter un bonhomme pareil.
JCP, je sais que tes cendres vont être dispersées en Alentejo.
Tu y seras bien.
Adieu l'ami et merci l'artiste. Merci pour tout.
3ème jour – Lundi 4 février 08
On quitte Cayenne pour l’est de la Guyane jusqu’à St-Georges-de-L’Oyapock.
La vie de St-Georges est liée à celle du second plus important fleuve de Guyane : l’Oyapock.
Le guide papier annonce également : « C’est à la nuit tombée que St-Georges offre l’aspect d’une commune d’Amérique du Sud. La place du village alors déserte, s’anime peu à peu, chacun venant y flâner et se distraire ».
De l’autre côté du fleuve, c’est le Brésil !!!!!!!
J’ai hâte d’arriver là-bas.
Mais avant, petit détour par Roura.
Tout est calme, paisible, les rues sont désertes. C’est vrai, c’est Lundi gras, jour férié.
Entre les gouttes, on se promène près de l’église en bois qui surplombe le fleuve Oyack.
On ne sait pas encore que quelques jours plus tard on mangera des dattes comme celles-ci (paripous).
Le temps d’ajouter une nouvelle photo de noix de coco à ma collection et nous reprenons la route pour St-Georges.
Nouvel arrêt !!
Des petits singes s’amusent sur le bord de la route. Ils sont coquins et ne se laissent pas facilement prendre en photos. Les petits Mijoteurs auraient adoré cette halte.
La route pour St-George-de-l’Oyapock est la Nationale 2. Il a fallu tailler dans la forêt pour la construire. C’est une route à deux voies. Mais entre la route et la forêt, il peut y avoir plusieurs mètres de bande de terre.
La circulation sur cette route est réglementée à 70 km/h. La route, néanmoins très belle, est quelques fois défoncée et gondolée par l’action de l’humidité et des fortes pluies.
De temps en temps, des panneaux indiquent qu’il nous faut rouler à 50 km/h. La forêt s’approche tout près de la route. N’oublions pas que l’un des principaux dangers de la forêt reste la chute d’arbres. En voici d’ailleurs la preuve.
On comprend mieux les grandes bandes de terre qui longent la route entre chaque rétrécissement.
On nous expliquera par la suite que si la route se fait plus étroite, c’est pour inviter les animaux à la traverser plus facilement là où la canopée est presque jointive.
Ça y est, nous sommes arrivés à St-Georges. Il est 13 heures passées.
Depuis la terrasse de notre logement, on voit le Brésil sur l’autre côté du fleuve !!!
Mais ce sera pour demain. Aujourd’hui, on décide d’aller d’explorer la rive guyanaise du fleuve en nous rendant à Saut Maripa.
Le Fleuve Oyapock fait 370 km de long et est jalonné de plus de 100 rapides (Sauts) dont le plus redoutable est le Saut Maripa : 2km de rapides sur 14 m de dénivelé !
Il faut être accompagné de canotiers expérimentés pour vivre la descente des rapides. Egalement, c’est la saison des pluies, les courants sont encore plus forts. Saut Maripa est accessible depuis St-Georges en pirogue en 30 mn mais aussi en 45 mn par la piste.
Après renseignement, on nous déclare que nous avons de la chance, la piste vient d’être refaite. Nous pouvons nous y rendre en voiture même si c’est la saison des pluies.
Il nous a fallu 1h30 pour faire 20 km !!!! La piste juste refaite était défoncée de toutes parts mais c’était vraiment de toute beauté.
Une fois sur place, on s’aperçoit que le niveau de l’eau est élevé, les rochers sont en partie cachés. Il est donc très périlleux de faire la traversée du fleuve à cet endroit.
Je suis bien contente de voir le Saut depuis la terre ferme.
Le soir, la place de St-George s’anime très rapidement en raison du lundi Gras. C’est le jour des mariages burlesques et factices avec maire et curé. Les hommes sont déguisés en femmes et les femmes en hommes !!
C’est curieux et vraiment décalé comme ambiance. J’aime ce genre d’ambiance.
Egalement, on sent que le Brésil est tout proche. La fête est joyeuse et très bon enfant. Elle va se jouer une bonne partie de la nuit sous nos fenêtres.
2ème jour – Dimanche 3 février 08
Ce matin, nous partons direction Cacao.
Un nom qui plairait bien aux enfants.
La route pour nous y rendre me plaît d’emblée, sinueuse et tortueuse. Je m’attendais à une Guyane toute plate, le plateau Guyanais est tout vallonné !!
Cacao, petit coin d’Asie en Amazonie.
En effet, c’est à Cacao à la fin des années 70 que des réfugiés politiques du Laos, des Hmong, ont été envoyés par les autorités françaises de l’époque. On a proposé, à ceux qui le voulaient, un billet d’avion pour aller s’installer à Cacao.
A leur arrivée, les Hmong ont trouvé un village abandonné en pleine forêt. Maintenant, les Hmong sont les plus grands producteurs de fruits et légumes de Guyane.
Le dimanche matin, c’est jour de marché à Cacao.
Mais avant d’y faire un tour, nous décidons d’aller visiter le Musée des Insectes, le Planeur Bleu.
Il n’y a pas que des insectes dans ce musée mais le guide est tellement passionné par tous les insectes de Guyane que l’on passe un grand moment à l’écouter parler et nous montrer ses bébêtes adorées. Et ma foi, c’est passionnant.
A la sortie du musée, après avoir essuyé notre première averse tropicale, on traverse la rue pour arriver sous le marché.
L’on y trouve des stands d’artisanat local, de nombreux stands de fruits et légumes avec...
... oh tiens des ramboutans. J’en ai déjà vu chez Brigitte. C’est le début de la saison. Tout le monde se jette dessus pour en acheter.
Et enfin, il y a un nombre important de stands où l’on peut se restaurer. Fort heureusement toutes les mygales, scolopendres et autres blattes ne nous auront pas coupé l’appétit. Nous avons ainsi pu goûter à plusieurs petites choses Hmong.
Sur la route du retour vers Cayenne, pas très loin de Cacao, on tombe nez à nez sur un drôle de château. C’est vraiment curieux de trouver ce genre d’architecture en pleine forêt.
Peu avant l’entrée du château, un petit panneau en bois avec plusieurs citations tirées du Seigneur des Anneaux de Tolkien. Je pense à ma copinaute Gracianne.
Mais une fois dans le château, j’oublie immédiatement Gracianne. Un homme assez bourru, Pascal, nous demande de nous placer le long du mur et de ne pas bouger avant son retour. Il fait très lourd et humide dans cette entrée de château. Il y a une odeur particulière.
Dès que Pascal revient, je manque m’évanouir. Après le musée des Insectes, c’est au tour du musée des Serpents !!! Pascal tient justement un « magnifique » spécimen dans ses bras.
Pascal s’avère être un drôle de loustic. Il est obligé d’être rude avec les visiteurs pour que ceux-ci lui obéissent immédiatement. Les serpents qu’ils présentent ne vivent aucunement en captivité. Enfin juste le temps de les observer quelques jours, de les prendre en photos et ensuite il les relâche. Ces serpents ne sont donc pas habitués à l’homme. Ils se sentent agressés. Pascal leur parle avec douceur. Il susurre même du « tranquille mon bébé ». Il les laisse s’habituer à sa chaleur. Quand le serpent se détend, Pascal s’adresse à nous et nous explique.
Je ne peux pas trop vous répéter ses paroles, je n’ai pas trop écouté trop occupée à faire redescendre mes cheveux dressés tout droit sur la tête et surtout je ne quittais pas des yeux les serpents. J’essayais même de me confondre avec le mur du château dès qu’un spécimen semblait intéressé par ma petite personne !!!
Mais Pascal sait détendre l’atmosphère. Il ne manque pas d’humour.
La photo représente un anaconda qui ne mesure que 2m50 !!
Après toutes ces émotions, il est temps de revenir sur Cayenne. Ce soir, c’est Carnaval avec la grande parade dans le centre ville.
Brigitte nous avait conseillé de venir en Guyane pendant la période de Carnaval. On ne regrette pas. Il faut voir pour le croire.
Cette grande parade dure un peu plus de trois heures. On n’a pas le temps de s’ennuyer.
Tout le monde est en liesse, les personnes qui défilent mais aussi les nombreux spectateurs massés le long du parcours.
On rit, on applaudit, on ouvre grand les yeux et surtout on bouge. Impossible de ne pas remuer au son de la musique. Beaucoup de percussions et de rythmes différents. Un festival de sons, de couleurs.
Les gens s’amusent vraiment et prennent un réel plaisir à défiler.
J’ai pris de nombreuses photos de la parade de Cayenne. Mais je vais vous présenter des enfants. Ils étaient vraiment mignons.
Et en bouquet final, les Brésiliennes bien sûr. Un vrai feu d’artifice de beauté, de couleurs et de samba.
C’est une certitude.
Malgré un retour et une reprise sur les chapeaux de roue, le charme opère toujours. Le Portugal revient très souvent dans nos conversations.
Nous avons passé plusieurs jours dans un véritable paradis.
Un paradis dont je veux jalousement garder l’adresse ou alors juste la chuchoter.
Ce paradis ne se divulgue pas, il se découvre.
Je ne veux pas que des hordes de touristes débarquent là-bas car tout y est beau et féérique.
Une beauté brute et sauvage avec la lagune, le bruit des vagues frappant la dune, le souffle du vent dans les pins à chaque marée, le chant des oiseaux, une plage déserte tellement belle avec ses vagues énormes.
La main de l’homme a embelli l’endroit. Des fleurs, la vigne, la rizière…
Et je ne vous parle pas de l’accueil dans ce paradis. Tout est fait pour que l’on s’y sente bien dans un cadre unique et décoré avec goût.
Et puis là-bas, il n’y a pas seulement la beauté des paysages mais aussi celui du cœur des ses habitants natifs ou non.
Nous avons fait de tellement belles rencontres.
Nos hôtes, tout d’abord qui ont su embellir et préserver le paradis qu’ils ont découvert il y a de nombreuses années.
Ensuite, j’ai enfin pu faire un gros poutou à Elvira et à son mari, João.
J’avais hâte de rencontrer Elvira.
Elle est encore mieux en vraie qu’en blog. Elle est belle, amusante, intéressante. Elle connaît plein de choses. On ne s’ennuie jamais avec elle. On se laisse facilement envoutée par sa belle voix profonde.
Son arrivée m’a prise au dépourvue, je pensais la rencontrer le lendemain. Sous le choc de l’émotion, je n’arrivais plus à trouver mes mots, heureusement Elvira est capable de parler pour deux ;-)
Elle m’a fait rire, je pensais qu’elle venait juste de dévaliser l’épicerie de Tomar car elle a sorti d’un cabas une multitude de cadeaux : un chouriço et son koikess pour le flamber, du vin, du pâté de sardine, un fromage de brebis, de la confiture de courge spaghetti, des filets de sardine, des filets de morue, des filets de poisson des Açores, du Piri-Piri (le nom fait hurler de rire les petits Mijoteurs), une sauce poivron, un magnifique et délicieux ananas en provenance des Açores et de l’ Huile d'olive vierge extra, exclusivement fournie par les oliveraies de la famille d’Elvira.
Elvira, tu ne peux pas savoir comme tous ces présents m’ont touchée. A force de côtoyer ta Tasca, je connaissais ces produits mais les voir devant moi en vrai, c’était drôle. Mais je m’en suis vite remise quand j’ai mordu à pleines dents dans la chair de l’ananas.
En allant au Portugal, j’allais enfin pouvoir rencontrer JCP sous son 38° parallèle après l’avoir raté à plusieurs reprises dans le Poitou.
C’était étonnant et magique de rencontrer ce peintre et cuisinier talentueux en compagnie d’Elvira de João et de nos hôtes.
Une journée magnifique sous le soleil, pleine de gaité, de rire et de bavardage autour du porc à l’alentejane d’Elvira, et de quelques verres de vin. Nous avons même réussi à faire concurrence à un bougainvillier ce jour-là. Comprenne qui pourra…
Le lendemain, JCP nous invitait chez lui pour goûter à l’un de ses fameux plats de poisson. Dès qu’il a ouvert le four, nous avons su que ce serait bon. Je sautillais sur ma chaise heureuse du manger du poisson de JCP.
C’était bon et on est bien avec JCP.
Le Portugal et l’Alentejo lui vont bien au teint. On le sentait tout impatient de descendre un peu plus bas sous le 37° parallèle.
JCP est un personnage bigrement intéressant. On serait resté des heures à l’écouter nous raconter ses aventures, ses peintures, les avions, son Portugal.
Il faisait nuit quand nous sommes partis. Le coffre était chargé de Moscatel, de Porto et de plusieurs litres de vin rouge au goût du soleil du Portugal car nous y avons déjà goûté…
Nous avons quitté l’Alentejo et pour le Nord du Portugal où le soleil et la chaleur étaient toujours présents.
Une escale à Porto pour aller dîner chez Malou.
LA Malou comme le dit Elvira. Malou l’exploratrice de blogs.
Encore une inoubliable rencontre.
Malou est belle avec des yeux magnifiques qui pétillent dès qu’elle rit. Malou a beaucoup d’humour, ses yeux pétillent souvent.
Malou, son mari et leur fils nous ont accueillis comme des rois.
Un buffet apéritif au cours duquel j’ai cru faire un tour de la blogosphère. Malou pioche, teste et goûte chez beaucoup d’entre nous, le tout agrémenté d’un Douro champagnisé d’un grand cru.
La suite du dîner a été absolument vertigineuse.
Malou voulait nous faire découvrir des plats, des fromages, des desserts dont elle était certaine que nous n’y avions pas encore planté la moindre fourchette. Méticuleuse et en parfaite hôtesse, elle avait également pris soin d’éplucher mon blog pour savoir ce que n’aimait pas les Mijoteurs.
Nous n’avons pas été déçus. Nous avons découverts des plats absolument succulents et étonnants.
Tout était parfait et tellement bon mais j’ai regretté ne pas avoir un estomac plus grand.
Le mari de Malou s’occupait de la boisson. Tout était parfait de ce côté-là aussi.
Entre chaque explication de plat, la conversation filait bon train sur des sujets autres culinaires.
Vraiment une belle rencontre.

Le lendemain, un peu plus au nord, après un pélerinage à Arcos de Valdevez, nous faisions connaissance de la plus jolie guide de Braga en la personne de Nettah. Nettah vit avec sa petite famille depuis 3 ans à Braga.
Nous l’avons rencontré en compagnie de Fiston, un garçonnet plein de vie et qui s’est immédiatement bien entendu avec les petits Mijoteurs.
Avant de nous attabler à une terrasse, Nettah et Fiston nous ont fait une visite rapide du centre-ville de Braga. On sentait beaucoup d’amour pour la pierre de Braga dans les explications de Nettah. Nous aurions aimé resté plus longtemps pour qu’elle nous en montre et nous en explique plus.
Et puis des guides qui vous offrent des cadeaux gourmands faits maison, on en rencontre pas tous les jours.
Nettah avait également glissé dans son colis un petit magazine culinaire portugais. A l’intérieur au milieu de nombreuses recettes, trois recettes d’oreille de porc !!
Sur la photo entre les cadeaux de Nettah et une des bouteilles de JCP, j’ai intentionnellement laissé le magazine ouvert à cette page. C’est un petit clin d’œil à l’attention d’Elvira. Elle m’expliquait qu’elle aimait beaucoup croqué dans des oreilles de porc grillées. En grande chochotte, j’en ai eu des frissons dans le dos… et pourtant j'aime le porc.
Nos vacances se sont terminées à Braga. Une urgence professionnelle nous a fait rentrer au plus vite à la maison.
Depuis notre retour, c’est la folie mais nous reviendrons au Portugal.
C’est une certitude…
Et puis les petits Mijoteurs aimeraient revoir leurs deux grands copains João et JCP.
Muito obrigada caros amigos,
Mijo

Il y a un peu plus d’un mois, Domie dans son Cahier gourmand me demandait de parler de mes rêves d’enfant.
Le challenge paraissait simple : trouver une photo de nous enfant et en moins de 57 caractères parler de nos rêves.
57 caractères ?!!!!!!!! Mais ça ne va pas. C’est impossible. J’ai toujours eu plein d’étoiles dans les yeux et des rêves plein la tête.
J’en ai réalisé certains, d’autres ont évolué et pas mal ont capoté.
Heureusement d’ailleurs…
Sur la photo, j’ai 6 ans 1/2, je rêvais d’avoir les jambes arquées, de déchirer toutes mes jupes, d’apprendre au chien de la famille à donner sa patte, de rouler dans une Jeep, de lire tous les livres de la terre, de garder toute ma vie cette blouse marron à petit col que j’adorais et continuer à embêter mes frères. (Il en manque un sur la photo, il est encore tout bébé).
Et vous Agnès, E. et France , quels étaient vos rêves d'enfant ?
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